• +0603133295
  • justinzest@presseorange.fr

Archive mensuelle février 2018

PEUT-ON RIRE DE TOUT ?

« C’était il y a 33 ans, 5 mois et 5 jours : Pierre Desproges inventait sans le savoir le «point Desproges», dont quiconque a eu une grande discussion sur l’humour, le rire et toutes ces sortes de choses a déjà pu expérimenter la grande force. Le «point Desproges», c’est le moment où quelqu’un, afin de donner de l’autorité à son propos, se réfère à une fameuse phrase de l’humoriste décédé, en 1988, des suites d’une maladie courte et rigolote : on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. Ou avec tout le monde. En fait, on ne sait pas trop. En attendant de se plonger dans la pensée desprogienne pour tenter d’y démêler ce que l’auteur a voulu dire, constatons donc la vigueur avec laquelle cette phrase, devenue d’ailleurs un «dicton» dans de nombreuses bouches, traverse les années. Peut-être même est-elle plus vigoureuse encore aujourd’hui. Sur Twitter, elle revient régulièrement, parfois sous la forme d’un affreux montage, soit pour le plaisir de la citer, soit pour justifier une blague, soit pour… on ne sait pas trop pourquoi. » En tout cas, moi, j’ai choisi mon camp et je ne m’en lasse pas !

LES PASSANTES

A l’occasion de la jounée de la femme, je veux dédier ce poème…

Georges Brassens

« Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu’on connait à peine
Qu’un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais

A celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n’est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l’on a manqué sa vie
On songe avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lêvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir »

Si vous avez aimé cette version, je vous recommande aussi celle de Georges Chelon (magnifique !)

Paroliers : Antoine Pol / Georges Charles Brassens / Joel Favreau

Paroles de Les Passantes © Universal Music Publishing Group

LES CONS SONT A L’HONNEUR !

Eric Schwitzgebel, Professeur de philosophie de l’Université de Californie, commence ainsi sa très originale Théorie des cons publiée par le magazine américain Aeon. Il explique que nous avons tous besoin d’une théorie des cons («jerks») ce qui nous permet de rester calme et d’avoir une compréhension clinique de cette créature quand nous la rencontrons dans la nature.

Sa définition du con est la suivante: «il est incapable de comprendre le point de vue de ceux qui l’entoure et les traite comme des outils à utiliser ou des idiots à gérer plutôt que des semblables sur le plan moral». Il s’agit de quelqu’un qui se donne à lui même des avantages particuliers en considérant qu’il dispose de droits différents des autres puisqu’il leur est supérieur.

« L’échec moral et émotionnel du con est évident. Sur le plan intellectuel, c’est aussi le cas. Personne a raison en permanence et sur tout. Il y a en tout cas une constante, le succès encourage les cons à se comporter comme tel. Il n’est pas sûr selon Eric Schwitzgebel que se comporter comme un con favorise l’ascension sociale et professionnelle, mais il est sûr en revanche que le succès encourage à se comporter comme un con et à s’octroyer des droits particuliers. »

« Nous sommes tous d’une façon ou d’une autre et à certains moments des cons. C’est pour cela que la vision du monde du con nous est si facile à reconnaître. Fort heureusement, nous ne sommes pas tout le temps des cons et nous pouvons essayer de l’être moins. »

Le mieux avec les cons :